MER NATALE - Serie de 28 diptyques



Mer Natale réunit l’écriture de deux photographes, Polyvios Anemoyannis et Andreas Petrakis, nés en Grèce à vingt ans d’écart, grands entre départs et retours différés. Tous deux ont longtemps vécu à l’étranger avant de replonger dans leurs archives personnelles, comme on ouvre un carnet oublié ou une boîte de lettres. Ils y ont cherché les traces d’un passé dispersé, des paysages, des lumières qui, à leur insu, parlaient d’une même nostalgie.


Leur démarche ne vise pas à définir un lieu de mémoire, mais à retrouver des sensations, des souvenirs : le sable et la poussière, les palmiers tordus par le vent, les silences suspendus. La lumière qui dessine les ombres ou efface les contours, façonne les formes, en découpe les silhouettes.
Le noir et blanc, principalement argentique, est un choix qu’ils ont fait sans concertation. Assemblées en diptyques, leurs photographies forment un
dialogue visuel entre deux sensibilités, qui se croisent dans une quête commune de ce que signifie « revenir ». Ils n’illustrent pas une histoire, mais
évoquent des résonances, des échos entre deux parcours, deux écritures visuelles.

Ces diptyques dessinent une cartographie intime du bassin méditerranéen, ou de lieux qui s’en apparentent, faite d’un chemin intérieur, d’un espace de mémoire élargi, universel.

En revivant leur passé à travers ces images, Andreas et Polyvios ne cherchent pas une quelconque vérité, mais un espace partagé, une patrie réconfortante — où éloignement, identité et mémoire font corps. Ce projet donne vie à un territoire recomposé, fait de départs, de retours et d’oubli.

Si le titre Mer Natale fait référence au paysage, l’assonance avec l’origine de la vie évoque une figure féminine qui peut être aussi nourricière qu’érotique. À travers ses corps, la mémoire prend forme : fragile, discontinue, tenace. Mer Natale, Mer Méditerranée, ou une lumière qui lui ressemble, un jeu de domino de la mémoire qui ne demande qu’à devenir fenêtre.


Alice Santinelli - Iconographe





Mer Natale réunit les photographes Polyvios Anemoyannis et Andreas Petrakis, dans une œuvre collective qui explore le passé en tant que mémoire, retour perpétuel et nostalgie de ce qui constitue pour chacun de nous une "patrie".

Les deux photographes, nés à deux décennies d’intervalle en Grèce et ayant vécu pendant des années à l’étranger, reviennent à leurs archives photographiques personnelles dans un processus de recherche de leur terre natale.

Des photographies en noir et blanc, prises sur pellicule, parcourent le paysage méditerranéen et s’étendent sur quatre décennies (de 1990 à aujourd’hui). Elles sont présentées par paires, formant une série de vingt-trois diptyques à travers lesquels les auteurs cherchent la lumière, les paysages, les sensations de la patrie qu’ils ont laissée derrière eux – des sensations du présent qui reviennent sous forme d’images, de souvenirs du passé, comme un mouvement gravé dans l’âme, à l’image de ce qu’Aristote décrit comme le fonctionnement de la mémoire.

Par leur composition et leur mise en contraste, ces photographies créent un cadre de lecture et de références où la perception subjective et le regard de chaque photographe, ainsi que le souvenir personnel de tout ce qui constitue une patrie, s’entrelacent par de "fins liens de lumière, d’ombre et de contrastes". Finalement, elles composent, à travers différentes géographies et temporalités, une nouvelle mémoire commune et un nouvel espace partagé, non pas exclusivement grec, mais plus largement méditerranéen. 


Aktina Stathaki - Curatrice, chercheuse et metteur en scène.

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